Anne-Françoise PIACENTINI
À proposAvisDéroulementQuestionsContactBlog
SpécialitésÀ proposAvisDéroulementQuestionsContactBlogPlus
Prendre Rendez-Vous
Après un choc émotionnel : pourquoi je ne me sens plus vraiment moi-même
Photo : Pexels
13 août 2026·4 min de lecture

Après un choc émotionnel : pourquoi je ne me sens plus vraiment moi-même

Anne-Françoise PIACENTINI

Anne-Françoise PIACENTINI

Psychopraticien · SAINT MARCELLIN

Ce sentiment étrange que vous n'arrivez pas à nommer

Vous avez vécu quelque chose de difficile — un accident, une perte, une annonce brutale, une rupture — et depuis, quelque chose a changé. Pas forcément de façon spectaculaire. Plutôt une sorte de brume intérieure. Vous vous regardez vivre, comme depuis l'extérieur. Les choses qui vous touchaient avant semblent lointaines. Vous vous demandez si vous allez « bien » ou non, et vous n'arrivez même pas à répondre.

Ce que vous ressentez a un nom : on parle parfois de déréalisation (le monde semble irréel, comme derrière une vitre) ou de dépersonnalisation (c'est vous-même qui semblez étrangers à vous-même). Ces mots peuvent faire peur, mais ce qu'ils décrivent est en réalité une réaction très fréquente après un choc émotionnel.

« Je faisais les gestes du quotidien, je parlais aux gens, mais j'avais l'impression que ce n'était pas vraiment moi. »

Cette sensation de déconnexion n'est pas un signe de faiblesse, ni la preuve que vous « perdez la tête ». Elle traduit souvent le fait que votre système nerveux a été submergé par une expérience trop intense, et qu'il cherche à se protéger du mieux qu'il peut.

Ce que vous pouvez observer en vous

  • Un sentiment de vide ou d'engourdissement émotionnel
  • Des moments où vous vous sentez « à côté » de vous-même
  • Une difficulté à ressentir de la joie, de la tristesse, ou même de la colère
  • Une fatigue profonde, même sans effort physique
  • Des pensées qui tournent en boucle, ou au contraire un esprit curieusement vide

Ces signes ne définissent pas ce que vous êtes. Ils décrivent ce que vous traversez, ici et maintenant.

Pourquoi notre esprit se met en retrait après un choc

Quand un événement dépasse ce que nous pouvons intégrer sur le moment, notre psyché peut activer une sorte de mise en veille émotionnelle. Ce n'est pas un choix conscient — c'est une réponse automatique, souvent protectrice.

Certaines personnes décrivent cela comme un « pilote automatique » : elles continuent à fonctionner, à travailler, à s'occuper des autres, mais sans vraiment être là. D'autres ressentent une anesthésie émotionnelle : les pleurs ne viennent pas, alors qu'elles s'y attendaient. D'autres encore oscillent entre des moments de grande agitation et des moments de vide complet.

Ce qui se passe, concrètement

Sans poser de diagnostic, nous pouvons observer que les chocs émotionnels peuvent laisser des traces dans la façon dont nous traitons les informations — sensorielles, émotionnelles, relationnelles. Ce n'est pas « dans la tête » au sens où ce serait imaginaire. C'est dans le corps, dans le rythme du souffle, dans la tension des épaules, dans la qualité du sommeil.

C'est pourquoi le temps seul ne suffit pas toujours. Certaines personnes traversent un choc et reprennent pied naturellement. D'autres restent coincées dans cet entre-deux, parfois sans même réaliser que c'est lié à l'événement vécu.

Un exercice pour revenir à vous, ici et maintenant

Quand la sensation de déconnexion est forte, cet exercice simple peut vous aider à reprendre contact avec le moment présent :

  1. Posez vos deux pieds à plat sur le sol. Sentez le contact, la pression, la texture sous vos semelles.
  2. Regardez autour de vous et nommez mentalement 5 choses que vous voyez. Une fenêtre. Une tasse. Un mur beige. Prenez le temps de vraiment les voir.
  3. Posez une main sur votre sternum. Respirez lentement : inspirez 4 secondes, soufflez 6 secondes. Répétez 3 fois.
  4. Dites doucement, à voix haute ou intérieurement : « Je suis là. Je suis en sécurité en ce moment. »

Cet exercice ne résout rien en profondeur, mais il peut interrompre le sentiment de flottement et vous ramener, quelques instants, dans votre corps et dans le présent. Certaines personnes trouvent utile de le pratiquer plusieurs fois par jour, notamment au réveil ou avant de s'endormir.

Quand consulter ? Vous n'avez pas à traverser ça seul

Il n'y a pas de « bon » moment pour demander de l'aide — il y a juste le moment où vous sentez que vous en avez besoin. Et si vous lisez cet article jusqu'ici, c'est peut-être ce moment.

Je vous encourage à consulter un professionnel si vous vous reconnaissez dans l'un de ces points :

  • Le sentiment d'étrangeté dure depuis plusieurs semaines et ne s'atténue pas
  • Vous avez du mal à fonctionner au quotidien (travail, relations, sommeil)
  • Vous évitez certains lieux, certaines personnes ou certains sujets depuis l'événement
  • Vous avez des pensées intrusives ou des images qui reviennent sans que vous le souhaitiez
  • Vous vous sentez seul dans ce que vous vivez, sans pouvoir en parler

Demander de l'aide n'est pas un aveu d'échec. C'est reconnaître que certaines expériences dépassent ce qu'on peut traverser seul — et c'est une forme de courage.

En tant que psychopraticienne spécialisée dans la gestion des traumatismes, je vous accueille à Saint-Marcellin et en distanciel dans toute la France. Mon approche vise à vous accompagner à votre rythme, sans jamais brusquer, pour vous aider à vous reconnecter à la securité, la sérénité.

Vous n'avez pas à tout comprendre avant de venir. Vous pouvez arriver avec vos doutes, votre fatigue, et ce sentiment que quelque chose ne va pas sans savoir exactement quoi. C'est déjà suffisant pour commencer.

Vous vous reconnaissez dans cet article ?

Si cet article fait écho à votre situation, je vous accompagne au cabinet à Saint Marcellin. Chaque consultation est adaptée à vos besoins.

Anne-Françoise PIACENTINI

Anne-Françoise PIACENTINI

Psychopraticien · Saint Marcellin

En savoir plus

Questions fréquentes

Oui, un engourdissement émotionnel après un choc est une réaction fréquente. C'est souvent une façon pour notre psyché de se protéger d'une expérience trop intense. Si cela dure, il est recommandé d'en parler à un professionnel.
Cela varie beaucoup d'une personne à l'autre. Certaines reprennent pied en quelques jours, d'autres restent dans cet état plusieurs semaines. Si le sentiment persiste ou s'intensifie, consulter un professionnel peut vraiment aider.
Non, vous n'avez pas à attendre une situation de crise. Dès que vous sentez que quelque chose a changé en vous après un événement difficile et que cela impacte votre quotidien, c'est déjà une bonne raison de consulter.

Articles similaires

Évitement : pourquoi vous fuyez certains lieux ou situations

Évitement : pourquoi vous fuyez certains lieux ou situations

Après une blessure, éviter ce qui rappelle la douleur semble logique. Mais ce réflexe peut peu à peu rétrécir votre vie sans que vous le remarquiez.

Hypervigilance : pourquoi je suis constamment sur le qui-vive

Hypervigilance : pourquoi je suis constamment sur le qui-vive

Sursauter au moindre bruit, scruter les dangers partout… L'hypervigilance est un signal du corps après un traumatisme. Comprendre pour mieux avancer.

Flashbacks et souvenirs intrusifs : comprendre ce qui se passe en vous

Flashbacks et souvenirs intrusifs : comprendre ce qui se passe en vous

Des souvenirs surgissent sans prévenir et perturbent votre quotidien ? Comprendre ce qui se passe en vous est déjà un premier pas vers l'apaisement.

Cet article est à visée informative et ne constitue pas un avis médical.

© Anne-Françoise PIACENTINI

Mentions LégalesPolitique de ConfidentialitéPolitique de Cookies