
Peur de décevoir les autres : quand leur regard guide vos choix

Anne-Françoise PIACENTINI
Psychopraticien · SAINT MARCELLIN
Quand le oui sort avant que vous ayez pensé
Un collègue vous demande un service de plus. Une amie propose une soirée dont vous n'avez pas envie. Et avant même d'avoir réfléchi, le oui est déjà sorti.
Ensuite viennent la fatigue, parfois un peu d'agacement, souvent un petit reproche silencieux : pourquoi n'ai-je rien dit ?
Ce que vous reconnaissez peut-être
Certaines personnes se retrouvent dans plusieurs de ces situations :
- Vous anticipez la réaction de l'autre avant de savoir ce que vous voulez vous-même.
- Vous vous excusez souvent, même quand rien ne l'exige.
- Vous avez du mal à dire non, ou vous le dites en vous justifiant longuement.
- Vous repensez longtemps à une conversation, en cherchant ce que l'autre a pu mal interpréter.
- Vous ne savez plus très bien ce que vous aimez, tant vous vous adaptez aux envies des autres.
Un besoin d'approbation très humain
Vouloir être apprécié, c'est profondément humain. Nous vivons avec les autres, et leur regard compte.
La difficulté apparaît quand ce regard devient la boussole principale de vos choix. Au fil du temps, certaines personnes décrivent le sentiment de ne plus être tout à fait elles-mêmes, ou de n'avoir de valeur que lorsqu'elles rendent service.
Le lien avec l'estime de soi
Il est souvent observé que ce besoin d'approbation et une estime de soi fragile vont de pair. Si votre valeur semble dépendre de l'avis d'autrui, chaque désaccord peut être vécu comme une menace.
Il serait faux d'y voir un défaut de caractère. Ces réflexes se sont souvent construits tôt, parce qu'ils vous ont protégé dans certains contextes. Ils méritent d'être compris avec douceur, pas combattus.
Un exercice pour retrouver votre propre voix
Retrouver ses repères ne se fait pas en un jour. Mais certaines personnes trouvent utile de s'accorder de petits espaces de pause avant de répondre. Voici deux pistes à essayer à votre rythme.
Exercice 1 : la pause de 10 secondes
La prochaine fois qu'on vous sollicite, avant de répondre :
- Posez vos pieds à plat sur le sol et sentez leur appui.
- Inspirez par le nez pendant 4 secondes.
- Expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes.
- Répétez trois fois, soit environ 30 secondes, si la situation le permet.
- Demandez-vous : « Qu'est-ce que j'en pense, moi ? »
Cette pause ne vous oblige pas à dire non. Elle crée simplement un petit écart entre la demande et votre réponse.
Exercice 2 : gagner du temps avec une phrase
Préparez à l'avance une formule qui vous laisse respirer :
« Je vais y réfléchir et je reviens vers vous demain. »
Cette phrase est courte, polie, et ne demande aucune justification. Vous pouvez la répéter à voix haute 3 fois le matin, pour qu'elle vous soit plus familière le moment venu.
Exercice 3 : le carnet du soir (5 minutes)
Chaque soir, notez en trois colonnes :
- Ce que j'ai accepté aujourd'hui.
- Ce que j'aurais vraiment voulu à ce moment-là.
- Ce que j'ai ressenti dans mon corps (tension, gêne, soulagement).
L'objectif n'est pas de vous juger, mais d'observer. Après une ou deux semaines, certaines personnes remarquent des situations qui reviennent.
Si ces exercices font remonter des émotions difficiles, ne restez pas seul avec elles : un professionnel peut vous accompagner.
Quand consulter ?
Il peut être utile d'en parler à un professionnel lorsque vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces situations :
- Vous dites oui par peur de la réaction de l'autre, de façon répétée.
- Vous ressentez de la fatigue, de la tension ou de la culpabilité après avoir cédé.
- Vous avez le sentiment de ne plus savoir ce que vous voulez vraiment.
- Vos relations, votre travail ou votre vie de famille en sont affectés.
- Vous avez déjà essayé de changer seul, sans y parvenir durablement.
Mon accompagnement à Saint Marcellin
En tant que psychopraticienne, je vous accueille dans un cadre bienveillant, sans jugement et à votre rythme. Les séances sont un espace d'écoute où vous pouvez mettre des mots sur ce que vous vivez, libérer votre corps des mémoires qu’il porte et repérer les situations qui reviennent et explorer ce qui compte pour vous.
Un premier pas
Prendre rendez-vous n'est pas un aveu de faiblesse. C'est parfois simplement le moment où vous choisissez de vous accorder à vous-même l'attention que vous donnez volontiers aux autres.
Mon accompagnement ne remplace pas un avis médical. Si vous traversez une période de grande détresse, il est recommandé de consulter votre médecin ou un professionnel de santé qualifié.


